Conférence

OFF du Développement Durable

Pour cette 3ème édition, les partenaires du OFF du DD (rejoints en 2015 par Bourgogne Bâtiment Durable) proposent un panel de 27 opérations pionnières issues d’un appel à projet ayant permis de collecter plus d’une centaine de projets en France mais aussi à l’étranger. Les projets présentés lors de la journée du OFF, qui se tenait en simultané sur 4 sites interconnectés, sont regroupés en 6 thématiques : « constructeurs et citoyens », « le bois pousse », « renaissance », « le retour du paysage », « transcender le bioclimatisme et le biosourcé », « réhabilitation écoresponsable ».

35 années avant l’échéance, il est plus qu’urgent de prendre ses responsabilités, ses éco-responsabilités.

Pour nous, elles sont prises : ce sera le facteur 4 et le scénario négawatt. Depuis septembre 2012, le OFF a repéré une centaine de projets « pionniers », dont les innovations d’aujourd’hui préfigurent les solutions de demain, adaptés au contexte, maintenant proche, de changement climatique et d’épuisement des ressources énergétiques ou non énergétiques.

Au fil des 3 sessions, des progrès importants sont apparus.

Sur l’évolution des modes de faire, il y a 3 ans, on saluait le renouveau de l’habitat coopératif et, cette année, le statut coopératif existe, et deux équipes l’expérimentent. Présentée cette année, la construction d’une école en banlieue parisienne est l’occasion de montrer que le durable dépasse largement la seule question architecturale et technique et que c’est aussi le changement des modes d’alimentation à la cantine, la mise en place de filières locales, la co-construction, les mains dans la barbotine terre-paille, avec les écoliers et leurs parents. En 2012, le OFF présentait quelques bâtiments R+1 ou R+2 à ossature bois. Cette année, le bois monte. Il atteint 6 niveaux à Montreuil, 8 niveaux à
Saint-Dié-des-Vosges… Les 2 écoles isolées en paille que nous présentions en 2012 ont justement fait « école ». La bioclimatique et ses techniques naturelles, pour l’hiver mais aussi pour l’été, pour la qualité de l’air et de la lumière, pour une maîtrise draconienne des consommations énergétiques, était fortement présente dès la première session du OFF. Au fil des années nous avons vu ces architectures et ces techniques sortir de la marginalité, gagner des opérations de toute taille et de toute nature, et enfin la réhabilitation. Au fil des sessions du OFF, le paysage revient au coeur du projet urbain et même du projet de bâtiment, mais avec une vision nouvelle : un paysage qui subvient aux besoins du territoire, qui crée du lien social, de l’emploi, qui constitue des îlots de fraîcheur …

Cette centaine de projets esquissent l’histoire que raconteront les bâtiments de demain,

ceux qui n’épuiseront pas la planète, ceux qui ne seront pas obsolètes sitôt sortis de terre, ceux qui accompagneront de nouvelles façons d’habiter, de travailler, de se nourrir, de se déplacer. Demain, le OFF sera le IN. Ces centaines de porteurs de projets, maîtres d’ouvrage, programmistes, concepteurs, audacieux mais efficaces, ont pris leur éco-responsabilité et prouvé que construire autrement était possible.

Pour ce millésime 2015, 27 projets ont été retenus et présentés en 4 ateliers thématiques, dont ils alimentaient les débats.

Constructeur et citoyen
Habitats coopératifs à Ivry-sur-Seine et à Strasbourg, logement « passerelle » temporaire à Jouy en Josas, mobilisation citoyenne autour d’une école à Rosny-sous-Bois, d’une mairie à Champneuville ou d’un équipement communal à Pierrevert … tels sont les projets qui illustrent cet atelier sur l’évolution des modes de faire. Ces exemples amènent tout à un chacun à se questionner dès le début d’un projet sur les parties prenantes à mobiliser et sur les façons de faire bouger les lignes : quelle maîtrise d’ouvrage alternative ? quelles typologies de logements les mieux adaptés ? Quelle participation des habitants autour de leurs logements et des citoyens autour de leurs équipements communaux ?

Matières précieuses
Les matériaux renouvelables font leur percée. Le bois pousse à Montreuil sur 2 immeubles sociaux et l’ossature bois atteint 5 étages sur l’un d’entre eux. Il assure, sur un collège à Mayotte, un réel confort naturel. A la Roche-sur-Yon, le chaume enveloppe non seulement les toitures mais aussi les murs. Et partout, les isolants biosourcés prennent leur place. L’économie circulaire est également à l’ordre du jour : à Montreuil, on recycle sur place les déchets d’une cité industrielle verticale. Le bâtiment de demain ne sera pas seulement économe en énergie, il se préoccupera aussi de ne pas gaspiller les ressources.

Retour du paysage
Le paysage, également, est un bien précieux. Il structure la conception d’un équipement technique d’assainissement dans le parc du lycée Gué à Congis-sur-Thérouanne, d’un bâtiment au bord du lac d’Aiguebelette ou d’un écoquartier à Auxerre. A Montévrain, le paysage se régénère dans le cœur agro-urbain d’un autre écoquartier. Est-ce le signe de la fin d’un urbanisme brutal et traumatisant et de l’émergence, pour demain, d’un urbanisme respectueux du paysage et de son environnement ?

Démarches holistiques
En neuf, comme en réhabilitation, nombre de projets sélectionnés témoignent d’une stratégie de conception globale. Des bâtiments, certes très performants en énergie, bioclimatique, ayant largement recours aux matériaux biosourcés, mais qui transcendent ces thèmes, et bien d’autres (y compris sociaux et culturels), dans une démarche holistique. Des logements passifs, pas forcément labellisés, individuels au Havre, collectifs à Gonesse, une réhabilitation sociale et culturelle à Saint Denis de la Réunion. Des tertiaires de toute taille, depuis une vigie de détection de feux de forêts jusqu’à l’Hôtel de la Région Auvergne, en passant par une chapelle réhabilitée à Saint Maurice sous les Cotes, les services techniques de Saint Martin de Crau, le groupe scolaire de Hombourg-Haut, l’Institut de l’Energie Solaire à Chambéry, ou le pôle géo-sciences à Saint Mandé.