Journée technique

Enseignements des campagnes de suivi et d’évaluation de 14 opérations démonstratrices en Rhône-Alpes

Le groupe de travail Evaluation de VAD a réalisé une capitalisation des études de suivi et d’évaluation de 14 opérations démonstratrices instrumentées en Rhône-Alpes. Cette mission a été conduite en partenariat et avec le soutien de l’ADEME et de la Région Rhône-Alpes.
Cette journée technique permet de porter à connaissance de l’ensemble des professionnels du bâtiment les principaux résultats obtenus et d’échanger plus largement sur les leviers permettant d’améliorer les pratiques pour tendre vers des bâtiments plus durables.

Les opérations instrumentées ont été réalisées par des acteurs précurseurs de la construction durable souhaitant démontrer qu’il était possible de réaliser des projets ambitieux et novateurs allant au-delà des standards. Les mises en place de campagnes de mesures lourdes, bien que non généralisables, sont précieuses puisqu’elles permettent d’avoir accès à une connaissance fine du fonctionnement réel des équipements et de leur consommation énergétique, mais également à une évaluation du confort.
Le groupe de travail Évaluation a souhaité aller au-delà des études de suivi et d’évaluation grâce en intégrant les points de vue d’acteurs des projets et de la filière (architectes, bureaux d’études, exploitants, gestionnaires, maîtres d’ouvrage ainsi que des constructeurs).
Ce travail « à plusieurs mains », fruit du débat et du croisement d’expérience, vise à généraliser les bonnes pratiques.

Le rapport porte sur un panel hétérogène d’opérations de 14 opérations

(6 opérations de logements collectifs, 6 bâtiments de bureaux, 1 crèche, 1 groupe scolaire) neuves ou rénovées, livrées entre 2006 et 2011 et présentant des performances variées (du niveau réglementaire au niveau énergie positive).

Néanmoins, des enseignements généraux peuvent être tirés

- Les consommations globales moyennes mesurées sont comprises entre 160 et 190 kWhep/m²SHON.an en logement et entre 80 et 140 kWhep/m²SHON.an en bureaux. À noter que ces valeurs sont obtenues sur des bâtiments livrés depuis presque dix ans pour certains et avant la mise en place d’importantes mesures correctives visant à réduire celles-ci.
- L’électricité spécifique (bureautique et serveurs, ascenseurs, appareils électrodomestiques, téléphonie, machines à café, automatismes des bâtiments…) représente le poste de consommation le plus important, toutes typologies confondues. Le chauffage reste néanmoins un poste important, même dans les bureaux.
- Toutes les opérations ont subi des dysfonctionnements, non-définitifs, qui ont affecté leur bilan énergétique. C’est pourquoi l’optimisation durant les premières années de fonctionnement d’un bâtiment est un travail indispensable et payant (20 % à 30 % d’économies observées).
- L’évolution des pratiques doit se faire à tous les stades d’un projet. En conception, cela passe par une remise en question de certains standards (approche par 5 postes réglementaires, dimensionnement des équipements…), la recherche d’une plus grande simplicité ainsi qu’une meilleure prise en compte des postes jusque-là négligés (veille, éclairage des zones hors RT…). L’enjeu est également d’améliorer la qualité de mise en œuvre, ainsi que les contrôles et réglages à la mise en service. Enfin, un partenariat sain et productif dans la durée entre l’exploitant et le maître d’ouvrage doit être recherché tout en associant pleinement l’occupant dans cette recherche de performance et de confort. Cela nécessite au préalable de lui donner les moyens d’être vertueux. La montée en compétence et la responsabilisation de l’ensemble de la chaîne d’acteurs, sont primordiaux pour atteindre les objectifs de performance et disposer de bâtiments offrant confort et qualité d’usage.